Travailler les habiletés organisationnelles

Le début de l’année est arrivé et chacun chacune reçoit ses élèves pour la première fois. On pense que nos nouveaux enfants auront appris un système d’organisation, mais on se rend rapidement compte que soit ils n’ont pas appris la même, soit qu’ils n’en ont pas appris du tout ou qu’ils ont tout oublié durant le long été 2020…

Par quoi commencer pour que l’année se déroule bien? Est-ce que cela vaut vraiment la peine de leur apprendre les compétences de base de l’organisation? Quels impacts cela pourrait avoir?

Je vous parle ici des 5 habiletés organisationnelles que je travaille avec mes élèves, basé sur des recherches que j’ai faites rapidement et sur les connaissances apprises à l’école et sur le plancher!

Pourquoi travailler les habiletés organisationnelles?

Avant de me lancer dans l’explication du programme que j’applique, je dois vous expliquer le raisonnement derrière celui-ci. Tout d’abord, de bonnes habiletés organisationnelles favorisent une meilleure participation de l’élève dans son parcours scolaire, ce qui accentue sa réussite scolaire, son sentiment de compétence et ainsi son estime de soi. C’est presque de la magie!

De plus, pour l’enseignant, ça facilite la tâche sur le long terme puisque tous utilisent la même procédure, les mêmes codes, le même jargon. Les élèves ont donc droit à une enseignante plus reposée et plus disponible puisqu’elle n’est pas constamment en train de répéter à Alice de mettre son duo-tang rouge dans son cartable bleu tandis qu’elle dit le contraire à Jérémie.

La catégorisation

La catégorisation c’est d’être capable de classer les concepts, les mots, les idées dans les bonnes catégories et d’ainsi en faciliter sa compréhension et sa rétention. Les épreuves de lectures et de mathématiques sont donc plus faciles pour les élèves qui ont appris comment catégoriser de la bonne façon.

On peut enseigner les codes de couleurs pour la lecture, les notes de cours, les concepts dans une résolution de problèmes et dans l’organisation de son matériel scolaire. Si j’ai un conseil: afficher vos codes de couleurs OU ayez des aides mémoires dans les cartables correspondants. Plus le système est homogène dans la classe, plus les jeunes le comprendront.

La priorisation

La priorisation c’est d’être capable de classer en ordre d’importance et d’urgence des tâches à accomplir. Cette compétence doit être enseigner puisqu’il n’est pas logique pour tous les jeunes de faire ses recherches pour son projet d’éthique AVANT de travailler sur son affiche!

On peut utiliser des check-lists sur les bureaux des élèves, ou au tableau. Encore mieux, discuter avec les élèves de la procédure à adopter et de l’ordre de celle-ci pour leur faire développer cette compétence eux-mêmes!

La gestion du temps

Nous avons tous déjà vu un élève rempli de potentiel couler son épreuve de français écrit parce qu’il a mal géré son temps et n’a pas réussi à terminer sa version finale…

Donner des approximatifs aux élèves sur le temps à passer sur les tâches CHAQUE FOIS!!! Ils s’habitueront à voir les temps attribués à certaines tâches qui reviennent et s’en souviendront! Afficher une horloge et vous y référer, habituer les élèves à prévoir d’avance le temps d’une tâche.

Utiliser un agenda

Utiliser un agenda incorpore les 3 dernières compétences. Ils doivent catégoriser les tâches à faire, anticiper le temps prévu pour chacune et prioriser selon l’importance et l’urgence de chacune.

Au début, on doit le faire avec eux, mais pas seulement leur demander de copier un agenda au tableau. Faites les réfléchir sur quel devoir devrait aller à quel soit pour être prêt le mercredi, combien de soir ils doivent étudier pour le test d’univers social du vendredi, quel soir ils ont le temps de se voir pour travailler sur une présentation d’équipe.

Les élèves doivent apprendre à gérer leur propre horaire, même si cela prend plus de temps, au final, vous aurez moins de travail à faire!

Planification vers un but

Enfin, la planification vers un but permet aux élèves de se projeter dans l’avenir en utilisant toutes les compétences qu’ils auront développées et s’épanouir. Ils se sentent confiants, arrivent à catégoriser, prioriser, utiliser leur agenda et gérer leur temps. Ils ont donc tout ce qu’il faut pour identifier les étapes à suivre pour arriver à leurs objectifs et choisir des moyens en anticipant les difficultés qu’ils pourraient rencontrer.

Donc…

Donc voilà! Les jeunes ont besoin d’être bien organisé pour se sentir compétent à l’école! Si vous avez besoin de plus d’idées sûres comment travailler ses habiletés, visitez mes boutiques mieux Enseigner et Carrefour Pédagogique!

Le jeune au centre du processus d’écriture de son P.I.

À l’école où je travaille, je dois m’occuper, avec l’enseignante ressource et supervisé par la psycho éducatrice, d’écrire les plans d’intervention de tous nos élèves à besoins particuliers. Durant notre première année, nous avons remarqué que peu de gens étaient impliqués dans le processus et que les objectifs n’étaient pas réalistes ou adaptés au niveau de l’élève. Nous avons donc décidé de développer une nouvelle façon de faire. Je vous présente le tout ici, chaque étape que nous avons réalisée lors de la première année d’essai.

1- Prioriser nos apprentissages essentiels pour les 3 matières de base (français, mathématiques, anglais)

Cette étape a probablement été la plus ardue puisqu’il a fallu rencontrer chaque enseignant de chaque matière de base pour “faire le ménage” dans les apprentissages essentiels. Pour nous, ça n’était pas réaliste de s’attendre à ce que nos jeunes développent et maîtrisent chaque point. Nous avons donc priorisé ce que nous voulions que les élèves travaillent avec comme but final de réussir les épreuves ministérielles et de développer une qualité d’écriture, de lecture et de communication orale ainsi que les compétences en mathématiques suffisantes pour le cegep.

Par la suite, nous avons pris la quinzaine de pages restantes et en avons fait une grille de questions dans Google Form. Les enseignants, à la fin de chaque étape/année scolaire doivent remplir le questionnaire en quittant de 1 à 4 chaque savoir essentiel. Chaque niveau et chaque matière avaient leur grille.

2- Les évaluations

La partie des évaluations est très riche en informations et c’est pour cela que nous y avons mis beaucoup de temps et beaucoup de détails!

A- évaluation psycho éducative

À chaque 2 ans, nos élèves à besoins particuliers passent une série de tests psychoéducatifs et cognitifs afin d’avoir le plus d’informations possible sur ses forces et difficultés au niveau académique, de l’estime de soi et leur façon d’apprendre. Toute l’information recueillie est ensuite ajoutée au dossier de l’élève sous forme de résumé.

B- évaluation des apprentissages essentiels

À chaque fin d’année scolaire, les enseignants des a tirées de base de chaque élève à besoins particuliers remplissent la grille des savoirs essentiels en notant de 1 (ne maîtrise pas cette compétence) à 4 (maîtrise complètement cette compétence). Cette grille est remise aux nouveaux enseignants de l’année suivante ainsi qu’à l’équipe de PI pour la comptabilisation.

C- évaluation des fonctions exécutives

La dernière évaluation que l’on fait est au début de l’année scolaire. Nous envoyons une grille d’évaluation aux parents, aux enseignants (toutes les matières) et nous la faisons aussi remplir par l’élève. On questionne sur les fonctions exécutives pour s’assurer que le jeune a tous les outils nécessaires pour réussir à l’école. La gestion a du temps, la prise d’initiative, la persévérance, etc.

3- compilation dans un google sheet

Une fois toutes les informations recueillies, nous les comptabilisons dans une Google Sheet. Nous notons les forces et difficultés de l’évaluation professionnelle, nous notons les savoirs essentiels qui ont reçu la note de 1 ou 2, nous notons les fonctions exécutives qui ont reçu les notes les plus bases et nous notons les difficultés de comportements s’il y a lieu.

Ce document nous sert ensuite de base pour l’écriture du PI et pourra être modifié au cours des années, ce n’est que la première écriture qui est la plus longue. Nous avons bien identifié nos catégories pour faciliter le travail.

4- présentation des résultats aux parents

Afin d’impliquer les parents le plus possible dans le processus, nous présentons les résultats de ces évaluations dans une rencontre préliminaire. Nous invitons les professionnels nécessaires uniquement pour éviter l’effet de foule. Si d’autres tests pourraient être réalisés, nous en parlons aux parents dans cette rencontre. Nous leur expliquons le processus et prenons des décisions plus générales ensemble (récupérations, réalisme des objectifs, capacité de support à la maison, etc).

5- rencontre décisionnelles

C’est maintenant le temps de prendre des décisions par rapport aux compétences que le jeune priorisera durant l’année scolaire! Il n’est pas réaliste de vouloir développer TOUT ce qui est ressorti dans les évaluations, donc nous rencontrons les gens impliqués.

A- avec les enseignants

À la fin de chaque année, les enseignants remplissent la grille des savoirs essentiels et les remettent aux futurs enseignants. Dans les premières semaines de l’année, ils doivent choisir 3 savoirs essentiels par aire de compétence (écriture, lecture, communication orale par exemple) sur lesquels il aimerait que le jeune travaille ÉVENTUELLEMENT. Ces savoirs essentiels sont donc ajoutés dans le document de compilation comme étant les priorités d’apprentissages.

B- avec le jeune

Le jeune est ensuite rencontré par l’enseignante ressource et la technicienne en éducation spécialisée (c’est moi ça!) et elles lui présentent les différents résultats de manière générale. il doit ensuite choisir parmi les objectifs priorisés par les enseignants. Il choisit un objectif par matière pour un total de 3 objectifs académiques. Il choisit ensuite 1 objectif de fonction exécutive et/ou un comportemental.

Une discussion sur les différents moyens d’atteindre ces objectifs doit aussi avoir lieu dans cette rencontre. Est-ce que le jeune aime mieux avoir du temps de ressource avec nous (et durant quelle matière secondaire peut-il se le permettre?), aller en récupération, avoir une aide en classe, un pair aidant, des programmes?

Nous lui présentons ensuite les mesures d’accommodation auxquels il a droit selon l’évaluation professionnelle. Nous lui remettons une petite feuille aide-mémoire pour qu’il puisse s’assurer de lui-même que celles-ci sont respectées par les enseignants de toutes les matières.

6- écriture du PI

Nous pouvons maintenant écrire le PI avec les objectifs choisis par l’élève parmi la banque de savoirs priorisés par les enseignants. On révise le tout avec les professionnels pour s’assurer de leur implication dans les moyens et accommodations et on fait signer le tout.

7- présentation au parent par le jeune

Une dernière rencontre avec les parents et le jeune a lieu pour présenter le plan pour la première étape mais aussi pour présenter la suite des choses une fois que les savoirs sont maîtrisés. On s’évite ainsi des rencontres non nécessaires.

8- application et révision

Au fil de l’année, les enseignants et les professionnels gardent des traces dans le dossier de levé de chaque récupération, temps de ressource et ateliers donnés au jeune pour chaque objectif à travailler. Cela nous permet d’éviter de donner trop de temps à un ou pas assez à d’autres.

Une fois un savoir maîtrisé, une courte rencontre avec le jeune a lieu pour choisir un nouveau savoir et aussi pour célébrer l’atteinte de son objectif.

Donc..

Cela peut paraître comme étant beaucoup de travail, mais ça n’est que la première année qui l’est puisque nous avons dû créer tous les documents, grille, etc. À chaque année depuis, nous n’avons qu’à repartir de ce qui a été fait l’année précédente et d’ajuster.

Maintenant, nos jeunes connaissent leur PI par cœur, savent ce qui leur est dû comme accommodations, célèbrent leurs succès et prennent beaucoup plus de place dans leur cheminement!

Si vous avez des questions par rapport aux documents utilisés you notre processus, vous pouvez communiquer avec moi via creatheure.educative@gmail.com

La prévention des comportements perturbateurs par une gestion de classe efficace

La rentrée scolaire est à nos portes et nous sommes tous et toutes fébriles de rencontrer nos nouveaux élèves. Parmi eux se trouvent de nouveaux défis et de belles opportunités d’apprendre. Les premières semaines de classe sont primordiales pour fixer une ambiance et un fonctionnement de classe positif et qui encourageront les élèves à nous respecter nous et nos valeurs d’enseignement. Avant même d’installer un système d’émulation ou de réfléchir à la gestion de comportements, plusieurs petites actions peuvent être posées afin de prévenir les comportements perturbateurs.

1. Les valeurs de la classe

Je vous suggère fortement de décider les valeurs de la classe dès la première semaine AVEC vos élèves. En mettant l’emphase sur 2-3 valeurs et en y attachant des exemples de règlements venant d’eux, vous les impliquez directement dans le climat de classe. Assurez-vous d’afficher ces valeurs pour pouvoir vous y référer le plus souvent possible.

Qui dit règles dit conséquences. On se doit d’être constant, juste et cohérent dans l’application de celles-ci. Pour ma part, je fais un atelier avec les élèves dans lequel ils dessinent ou écrivent sur des cartons 1 conséquence de leur choix par valeur. Ensuite, chaque carton était placé dans la boîte de la valeur associée. Si Antoine ne respectait pas la valeur de la solidarité (en rejetant un ami de la classe en l’insultant par exemple), il devait aller piger un carton “solidarité” et appliquer la conséquence dans la journée. Les élèves y avaient placé des actions comme le ménage de la bibliothèque, laver les pupitres, écrire une lettre d’excuses, etc.

Voici une liste de valeurs qui peuvent être utilisées avec les élèves (il est important de les définir avec eux et de fournir le plus d’exemple possible: la solidarité, l’honnêteté, l’harmonie, le respect, l’initiative, l’écoute, l’effort, etc.

2. L’occupation de l’espace

Dans nos locaux, l’utilisation que l’on fait de l’espace peut déterminer en grande partie notre climat de groupe. Quel style d’enseignement Avez-vous? Prenez le temps d’expérimenter les styles! Rangs d’oignons, tables d’équipe, demi-cercle, assis par terre, divans, chaises berçantes. N’ayez pas peur de changer des élèves de place non plus (en leur expliquant seul à seul et à l’avance).

Aussi, prenez l’habitude de marcher votre classe lorsque vous enseigner et lorsqu’ils sont en atelier. Ils s’habitueront à vous voir le faire, vous sentiront présent pour eux et se sentiront moins ciblés lorsque vous vous arrêterez pour soutenir un élève dans ses apprentissages.

Nous ne le dirons jamais assez: évitez les transitions non structurées et planifiez vos déplacements, vos débuts et fin de cours! Les élèves ont besoin de se sentir encadrés et sentir que nous ne faisons pas les choses de manière aléatoire. Moins le quotidien de la classe est imprévisible, moins les élèves sont stressés et moins ils ont tendance à adopter des comportements perturbateurs.

3. La relation positive et significative

Un des aspects les plus important est la relation avec l’élève. L’élève doit nous faire confiance, doit sentir qu’il peut compter sur nous pour ne vouloir rien d’autre que son bien. Voici quelques petits trucs qui, selon moi, participent à construire ce lien.

Si j’ai un commentaire constructif à dire à l’élève, je le fais seul à seul, sans public. Je lui envoie donc le message que je tiens à respecter son amour-propre en évitant de l’humilier devant le groupe.

S’il ne respecte pas une consigne ou refuse de faire une tâche une première fois, je dois assumer que c’est dû au fait qu’il ne comprend pas et je lui donne une chance en clarifiant mes attentes. Ainsi, s’il ne comprenait pas, il sent que je veux l’aider.

Je prends la peine de faire du renforcement positif le plus souvent possible et de manière authentique. Ce que j’aimais faire, pour ma part, c’était de leur écrire un petit mot que je leur remettais avant de partir pour la fin de semaine sur lequel était écrit quelque chose de positif qu’ils avaient fait cette semaine en lien avec les valeurs de classe. Chaque élève, chaque semaine, se sentait vu, reconnu et apprécié.

Avoir du plaisir avec eux hors de la classe et hors de monde académique aide aussi l’élève à nous voir autrement. Sortez avec eux pendant une récréation, organisez une période film, invitez-les à rester dîner dans la classe, etc. Vous leur envoyez le message qu’ils comptent pour vous.

4. La communication avec les parents

L’opinion des parents sur l’école et l’enseignante de leurs enfants ont un grand impact sur l’attitude de l’élève envers nous. Je me suis mise au défi d’envoyer une communication positive par élève à chaque mois à leurs parents. C’est beaucoup de travail, mais les parents sont heureux d’en apprendre sur le quotidien positif que nous partageons avec leur enfant. Si un événement moins positif se produits, j’attrapais le téléphone et je leur en parlais de vive-voix. Le plus les parents sont impliqués, le mieux!

5. Le soutien de l’autonomie

Les enfants et les ados cherchent à devenir autonomes. Ils veulent dépasser les limites que les adultes leur imposent et résistent lorsqu’ils se sentent brusqués. Prenez l’habitude de leur offrir des choix, des menus d’options. Ils développeront une meilleure connaissance de leurs forces et leurs difficultés de cette façon, ils sauront user leur jugement critique et prendront éventuellement de meilleures décisions.

Porter une attention spéciale à vos élèves anxieux et ceux qui ont besoin de beaucoup d’encadrement en affichant l’horaire de la journée. Moins les élèves sont stressés, moins il y a de comportements!

6. L’enseignement des habiletés sociales

Dès le préscolaire, les élèves se doivent développer leurs habiletés sociales pour bien fonctionner en tant que futur adulte. La résolution de conflits, la communication, le leadership, le travail d’équipe, la participation communautaire, etc. Il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour leur enseigner ces habiletés et cela aura un impact incroyable sur votre climat de classe.

Donc…

En passant par le fonctionnement global de la classe, la relation que l’on entretient avec nos élèves et leurs parents, l’aménagement de l’espace et du temps et par l’apprentissage des qualités du citoyen positif de demain, ça en fait des responsabilités sur vos épaules! N’oubliez pas que vous avez un rôle important à jouer dans la vie de chacun de vos élèves. C’est en grande partie par l’exemple que vous leur donnerez. Trompez-vous, excusez-vous, pardonnez, dites leur la vérité, soyez l’enseignant dont vous auriez eu besoin.

Bonne rentrée!

6 semaines post-partum: la relation avec mon corps

Après l’accouchement, les défis de l’allaitement et la convalescence de ma césarienne, voilà que je me retrouve à avoir plus de 5 minutes devant un miroir et je regarde mon corps, 6 semaines post-partum. C’est une réalité, mon corps a changé. Je vois du positif, je vois de la moltitude et je vois ma cicatrice. Laissez-moi vous en parler en toute honnêteté…

Photo à 4 semaines postpartum à La Maison Lavande

Le positif

Je vais être franche, je pensais que j’allais devoir mettre beaucoup d’efforts pour retrouver mon chiffre sur la balance (ici je ne le dévoile pas pour ne pas créer chez vous une comparaison, chaque postpartum est différent). Voilà que mon 45 lbs pris est aussitôt reparti! Seulement, j’ai l’impression que mes bras sont moins gras, mes mollets aussi, je me dis WIN!

Deuxième point positif: j’ai maintenant de la poitrine! Depuis mes 12 ans, je rêve d’avoir assez de seins pour remplir au moins un soutien-gorge d’adulte, et mon rêve se réalise enfin! Je me sens séduisante, je peux même porter des décolletés (attention, ils doivent être pro-allaitement!)

Dans ce miroir, je vois aussi l’énergie qui m’entoure qui a complètement changé. Mes cernes et ma fatigue sont maintenant dues à un amour inconditionnel et non plus au stress de ma vie surchargée.

Le mou

Je pourrais ici faire l’inventaire de ce qui est maintenant mou: mes fesses, mon ventre, mes cuisses, etc. Avec l’opération, je n’ai pas pu m’entraîner comme je l’aurais voulu. J’ai été forcé au sofa et au repos pour 8 semaines!

Je dois avouer que ce repos forcé me fait un grand bien! Sans cela, je me serais jeté à tête perdue dans l’entraînement quotidien pour être certaine de perdre mon poids et je me serais retrouvé avec ma vieille copine: l’obsession sur mon apparence physique. J’ai hâte de recommencer, oui, mais j’ai eu le temps de réfléchir à mes objectifs: me sentir bien dans ma peau.

Ma première baignade de l’été avec James 5 semaines postpartum

Ma cicatrice

Ce qui est spécial avec ce bout de chaire rafistolée, c’est que, même si elle est bien cachée, tout le monde sait qu’elle est là et tout le monde t’en parle.

“Est grosse comme ça à peu près?” (en mimant un espace plus ou moins réaliste de la dite plaie)

“Ca t’énerves-tu de devoir la cacher?”

“Ton bikini va la cacher anyways, c’est pas grave”

Toutes ses paroles qui me disent que je devrais trouver ça laid, cette porte par laquelle mon trésor le plus précieux est sorti. Bon, je ne te dis pas que c’est super cute, en plus la mienne n’est pas centrée et encore moins droite, mais c’est une plaie qui me rappelle que toute cette expérience est arrivée pour de vrai!

Parfois, je la touche du bout des doigts pour essayer de l’apprivoiser, pour essayer de l’accueillir comme faisant partie de moi. Je ne l’aime pas encore ma cicatrice, mais ça viendra.

Donc..

Donc, 6 semaines post-partum, la relation que j’ai avec mon corps commence à être positive, je me le réapproprie tranquillement, je réapprends à le connaître, ses nouvelles marques de guerres, ses nouveaux angles et défauts, mais aussi ses nouvelles beautés.

Un jardin de balcon pas cher pas cher!

Cet été, j’ai accouché d’un merveilleux petit homme et ça implique beaucoup de changements dans ma routine estivale. Entre autres, je n’aurai plus le temps d’arroser un jardin dans ma cour, loin de la maisom où dort mon trésor. J’ai donc décidé d’installer mon jardin sur mon balcon!

Je vous explique les étapes ici ainsi que les bons coups et gaffes de mon projet!

Étape 1: des pots pour moins de 70$

J’ai acheté 14 bacs à jouets au dolorama et je les ai peint avec une peinture blanche en aérosol.

Bon coup: ne pas peindre l’intérieur des bacs puisqu’on ne les verra pas. Ceci à sauver beaucoup de peinture. On n’oublie pas de percer des trous au fond des bacs pour que les plantes aient un drainage efficace!

Gaffe: j’ai oublié de sabler les bacs, donc à la mi-juillet, quelques-uns avaient un peu écaillé.

Étape 2: les tuteurs

J’ai trouvé de vieux tuteurs chez mes parents et je les ai aussi revalorisés avec de la peinture en aérosol. Ça a pris énormément de peinture! On parle de 20$ de canettes!

Bon coup: le look est vraiment beau une fois terminé! Les planter dans le gazon pour faciliter la tâche et le séchage.

Gaffe: prendre de la peinture et l’appliquer au pinceau m’aurait probablement sauvé quelques dollars.

Étape 3: fabriquer les assises pour les plantes

J’ai acheté 12 blocs de ciment à la quincaillerie du village et j’ai utilisé des 2 x 4 qui trainaient dans ma cour pour fabriquer des assises. On parle d’environ 50$ de blocs.

Bon coup: le look final est incroyable, c’est simple, je peux les bouger et les ajuster au besoin.

Gaffe: devoir les faire entrer dans ma mini voiture après l’avoir déjà rempli de trucs à la pépinière. Devoir les bouger toute seule alors que j’étais enceinte de 38 semaines !

Étape 4: mise en pot

J’ai coupé les rebords des vieux pots pour éviter qu’ils ne dépassent et je les ai placés dans les nouveaux bacs à plantes.

Bon coup: je n’ai pas eu besoin de transplanter mes plantes, je me suis donc évité beaucoup de travail!

Gaffes: j’aurais dû les transplanter! J’ai aussi ajouté du paillis de cèdre sur le dessus des pots et pour remplir le jeu entre les deux pots. Je croyais que ça aiderait à garder la terre humide, mais au lieu, ça a empêché l’eau de se rendre comme il fallait aux racines et ça a ralenti drastiquement la poussée de mes plantes!

Etape 5: installation des tuteurs

Donc…

En conclusion, si j’avais à refaire le projet, je ne mettrais pas de paille de cèdre et je transplanterais mes plants directement dans les gros pots!

Aussi, lorsqu’on jardine à l’extérieur de la terre, il faut penser à mettre de l’engrais et à bien arroser TOUSLESJOURS.

Donc voilà mon jardin de balcon à moins de 140$ 🙂

Le droit d’avoir une famille heureuse

Je m’installe devant mon ordinateur en cet après-midi pluvieux pour écrire un blogue qui me brule le coeur depuis trop longtemps. J’ai besoin de vous l’écrire, ma tisane à la main, pour enlever cette pression qui m’empêche de respirer lorsque j’y pense un peu trop fort. J’ai la chienne. J’ai la chienne de donner en héritage à mon enfant la même douleur qui m’a été léguée par mes parents, léguée à eux par leurs parents et ainsi de suite.

On part tous avec l’idée de faire mieux que la génération précédente. Sauf que je vise plus que le “mieux”, je veux une famille heureuse, une famille qui se tient, qui se respecte. Sauf que, dès mon enfance, on m’a appris que ce n’était que pure fantaisie.

Ce n’est pas leur faute, vous me direz, ils ont vécu la misère et ils ont fait de leur mieux pour être mieux que leurs géniteurs. C’est vrai. Ma mère avait un père insensible et une mère qui ne la faisait pas sentir à sa place. Mon père a vécu les tourments d’un père alcoolique et d’une mère sans empathie. Sauf que, la petite enfant en moi ne comprenait pas tout cela. Elle se sentait probablement autant inconsidérée, pas à la hauteur, abandonnée, que l’avait été ses parents.

Plus vieille, mes parents ont réalisé qu’ils pouvaient donner plus, faire mieux. Pour moi, l’effort qu’ils y ont mis était assez pour leur pardonner toutes ces années et leur donner une deuxième chance d’être les parents que je croyais mériter. Cela m’aura pris ma grossesse actuelle pour réaliser que ma détresse et ma colère, j’avais le droit de la vivre et de l’exprimer. Que notre relation actuelle n’éffaçait pas le mal qu’ils m’avaient causé.

Avec cet être humain fragile qui grandit à l’intérieur de moi, mon instinct de maman ours a pris le dessus. Je ne savais pas si je voulais que mes parents gardent le petit, si je leur faisais confiance pour accomplir une tâche si importante. J’ai eu à réaliser que la confiance allait devoir être bâtie avant de laisser mon trésor le plus précieux avec les gens qui m’ont tant blessé étant toute petite. Ce fameux moment où je l’ai dit à ma mère m’a brisé le coeur. Par contre, c’est à ce moment que j’ai compris toute l’importance de mon nouveau rôle de maman.

Quand on réalise que notre propre famille nous a hypothéqué une partie de notre vie, de notre santé mentale, comment peut-on espérer bâtir une famille heureuse par la suite?

Quand notre chemin a été parsemé d’embûches, d’injustices, de trauma, de peurs… Comment sommes-nous censés faire confiance à la vie de nous donner enfin la chance d’être heureux?

Cet après-midi, je termine ce texte en disant que j’ai enfin compris comment faire. J’ai trouvé la recette magique; il n’y a pas plus grand amour que de vouloir protéger les gens qu’on aime d’une souffrance égale à celle que l’on a vécu. Cette souffrance, je l’ai vaincue. Elle a fait de moi une personne forte, aimante, sensible aux autres et elle fera de moi une mère empathique, généreuse, à l’écoute, valorisante et heureuse.

C’est en étant heureuse d’avoir une famille que j’aurai une famille heureuse. C’est aussi simple que cela. Mon garçon aura besoin d’une maman qui rit, qui s’occupe de lui et qui l’écoute avec tout son coeur. Pas plus, et surtout, pas moins.

Parlons romantisation de la maternité

Ça fait plusieurs semaines que je veux écrire cet article pour démystifier ce que l’on nous a toujours dit sur la grossesse, l’allaitement, l’accouchement et la maternité. Ça fait exactement 26 jours que je suis maman et que je n’ai pas le temps. Pas le temps pour quoi? Pour rien.

La grossesse

Je vous ramène dans le temps, au 19 octobre 2019 pour être très précise. C’est le matin où j’ai fait mon test de grossesse. C’est drôle parce que, dans tous les films où la grossesse est prévue, les gens sautent de joie, pleurent de joie, etc. En parlant avec d’autres mamans, je me suis rendu compte que nous avions toutes eu la chienne de notre vie en voyant cette deuxième petite ligne. Du bonheur oui, mais une grosse boule de peur face à tout l’inconnu qui était maintenant devant nous.

Ensuite vient le fameux « faut attendre 3 mois avant de l’annoncer »… cette règle-là m’a vraiment frustrée. Je voulais le crier sur tous les toits! Le rêve de ma vie enfin si vrai! Les gens te disent que c’est juste « au cas où ». Ces mots sont lourds! Parce que les gens finissent jamais la phrase… au cas où tu perdrais le bébé, au cas où le bébé ne serait pas assez fort pour survivre, au cas où tu faisais une fausse couche…Quand tu regardes les statistiques, tu te rends compte que ce au cas où là se produit 1 grossesse sur 6… WHAT?! Oui… ça on ne nous le dit pas. Le premier écho passe, tu pleures devant une image que tu comprends pas vraiment. On te dit que le cœur bat! Ouff soulagement! Le au cas où n’arrivera pas !

Maintenant, ce sont les joies de la grossesse qui commencent. Attache ta tuque parce que les changements qui se produisent sont surprenants! Beaucoup de choses qu’on ne t’avait pas dit! Premièrement, oui tu vas prendre du poids, mais tu vas aussi élargir, littéralement. Tes hanches s’ouvrent pour faciliter la grossesse et l’accouchement. Ta perception de tes organes sexuels change complètement. De un, parce que tu ne peux plus rien voir sous le nombril et, de deux, parce que la grossesse t’a fait un relooking que tu n’avais vraiment pas demandé!

Tu enfles de partout, ton alimentation est intense ou inexistante, même chose pour ton sommeil, même chose pour tes humeurs! Il n’y a aucune demie mesure quand tu es enceinte! Tout le monde te dit combien tu es chanceuse, mais plus la date prévue approche, plus tu réalises que tu n’es pas prête. Le stress commence, le monde se met à tourner vraiment vite.

L’accouchement

La prochaine partie parle de mon accouchement. Âmes sensibles s’abstenir! Si tu dois accoucher bientôt, ne lis pas la suite s’il te plaît!

Le 14 juin a 4:30 am, je sens ma première contraction. Je trouve ça comique. Moi qui étais sure qu’elles devaient être au niveau du ventre, je suis très surprise de les sentir dans le bas du dos. Aucun de mes moyens de gestion de douleur ne fonctionne, je dois improviser! J’avais prévu de rester chez moi le plus longtemps possible pour éviter de ralentir le travail avec le stress de l’hôpital… à 18h, j’ai une contraction plus intense, je m’effondre en pleurs et je demande à mon copain d’aller mettre les trucs dans la voiture, je panique.

Les contractions qui ont suivi m’ont fait crier, m’ont fait sacrer, m’ont fait me tordre dans tous les sens.. à 1:00 am je demande une dose de morphine pour prendre une pause de la douleur… on me crève les eaux juste après. Petite mention spéciale à cette partie: dans tous les films, les femmes perdent leurs eaux et vont à l’hôpital après… je vous annonce que la plupart des femmes doivent se faire crever les eaux! Surprises? Moi je l’étais. Une fois le petit crochet entré, tu entends un petit CRACK et les chutes du Niagara sortent! C’est beaucoup de liquide!

À 2:00 am je ressens le besoin de pousser. Pense au plus gros mal de ventre de ta vie, celui que tu ressentirais si tu avais été constiper depuis 1 semaine et que c’était maintenant que ça devait sortir. Maintenant multiplie par 20 (Tu trouves que je t’explique trop en détails?). Je crie, je pousse, j’ai chaud… j’enlève tout ce qui touche à ma peau, je me défèque dessus, une infirmière doit m’essuyer le derrière.. je me suis complètement désexualisé. Tout mon corps appartient à l’accouchement, je n’ai plus le contrôle.

Dans les films, les poussées durent environ 2 minutes et le bébé sort sans problème, right? J’ai poussé durant deux heures et le bébé ne voulait pas sortir.

Dans les films, on dit aux mamans de bloquer leur air pour pousser plus fort.. J’ai appris que c’était la pire chose à faire et, pourtant, c’est ce que le médecin me demandait de faire avec beaucoup de pression.

Dans les films, toutes les femmes accouchent sur le dos, pourtant c’est une des positions les moins recommandées pour accoucher. C’est quand même comme cela que j’ai poussé…

Le traumatisme

Si le bébé était sorti à ce moment, après 20h de travail à jeun et 2h de poussées, j’aurais été satisfaite et j’aurais même dit que ça avait été une expérience positive. Mais non. Le bébé ne sort pas et on me dit les mots qui m’effrayaient le plus. CÉSARIENNE D’URGENCE.

Le mot “urgence” ici est important. Puisque le bébé commençait à être fatigué, on devait faire vite. On ne m’a pas expliqué grand chose, on m’a plié en deux durant une contraction pour me donner une injection sans m’en avoir parlé avant, on m’a attaché les bras en croix et on a fait descendre un rideau au niveau de mon cou. J’ai tout senti. Pas la douleur, mais j’ai senti la pression de leurs outils me trancher 5 couches de tissu. J’ai senti leurs mains s’insérer pour sortir l’utérus, j’ai senti le bébé quitter mon corps et je les ai entendu ouvrir le placenta et je n’ai pas entendu mon bébé pleurer.

Je ne l’ai pas entendu parce qu’il ne respirait pas. Ils ont du l’amener plus loin et le réanimer en enlevant toutes les sécrétions qui bloquaient les voies d’airs. Pendant qu’ils me recousent, j’entends enfin bébé pleurer. Je le vois du coin de l’épilation avec un masque de respiration sur son visage et ils l’amènent loin de moi, au travers d’une porte. Ça a pris 6 heures avant que je le vois. Les plus longues heures de ma vie.

La maternité

Je vous passe le bout de la pouponnière, des solutés et de toutes les aiguilles dans la peau de mon trésor et vous amène au 18 juin, à notre retour à la maison. On nous dit que nous allons manquer de sommeil, que c’est difficile les premiers jours, mais personne ne nous avait préparés à ça.

Les hormones se mêlent de la partie et tu pleures sans arrêt sans savoir pourquoi. Il pleure, tu pleures. Tu le changes et tu découvres qu’il a les fesses rouges, tu pleures. Tu n’arrives pas à manger et tu t’inquiètes de ta production de lait, tu pleures. Tu as les mamelons en sang, tu veux abandonner l’allaitement, tu pleure. Tu stress de devoir aller en voiture, l’amener dehors à la chaleur, tu n’arrives pas à fermer l’œil parce que les gens ne te parlent que du syndrome de la mort subite du nourrisson.. TU PLEURE.

Personne ne nous avertit des tétées groupées, des poussées de croissance, du nombre véritable de couches à changer. Personne ne nous parle de la pression qu’on ressent d’allaiter. Personne ne parle de ton corps qui ne t’appartient plus.

Donc…

Si c’était à refaire, je le referais 20 fois d’affilée parce que c’est le plus beau cadeau du monde que d’avoir un enfant. Mon texte me sert pas à dissuader personne d’en avoir, au contraire. Je veux simplement qu’on arrête de nous cacher tout ce qu’être une mère implique. Je veux qu’on puisse être préparée à ce qui se place sur notre chemin une fois la deuxième ligne apparue sur le test.

Je veux surtout que les hommes se rendent compte de tout ce que nous traversons. Je suis chanceuse, j’ai un homme qui m’a supporté, aidé et aimé durant tout le processus. Je suis consciente que ce n’est pas le cas pour tout le monde.

Merci d’avoir lu ma montée de lait 🤍

Rumpelstiltskin de Maude Rückstühl

La série des Contes Interdits m’a fait découvrir plusieurs auteurs québécois dont la plume m’impressionne sans cesse. Après avoir reçu mes deux petits nouveaux, je n’avais aucun doute sur lequel j’allais attaquer en premier. Ayant adoré le rôle de Rumpelstiltskin dans la série Once Upon A Time, j’étais surexcité de voir comment l’autrice le dépeignait dans son roman. Je vous présente mon opinion sur ce roman en gardant en tête que je ne suis pas autrice (pour l’instant hihi) et que, selon moi, chaque plume convient à certains lecteurs.

Ce que j’ai aimé

J’ai apprécié le fait que l’histoire commençait dans un autre pays. Un pays qui m’était inconnu, qui me semble cacher de nombreux mystères et légendes. J’avais l’impression que ça ajoutait à toute la bizarrerie de l’histoire. Un personnage mythique comme le petit lutin y prenait ancrage sans que cela ne soit trop forcé. J’ai aussi beaucoup aimé l’aspect de la folie qui était amenée par le personnage principal. Elle se demande d’abord si elle est folle au lieu de croire immédiatement à l’existence de ce fameux être diabolique. La complexité et la complémentarité des deux soeurs jumelles étaient intrigante, touchante et on y trouvait toute la naïveté souhaitée de la part d’enfants de cet âge.

Ce que j’ai moins aimé

L’histoire se déroule sur de longues années et j’avais l’impression de me faire pousser au travers des événements sans toutefois y trouver un fil conducteur assez solide pour bien saisir. Cet aspect m’a dérangé parce que l’histoire manquait de détails, de profondeur pour bien comprendre les personnages, les raisons de leur sort si terrible et même la provenance du lutin. J’aurais aimé être mieux encadré dans ma lecture en ce qui concerne les dynamiques des personnages. De plus, certaines scènes violentes étaient noyées dans des descriptions compliquées et semblaient sortir de nulle part.

Donc…

Sans faire partie de mes préférés de la série, je recommanderais ce roman pour les gens qui aiment les histoires mythiques venues d’ailleurs et qui cherchent quelque chose de plus qu’une histoire trash contemporaine.

Ex-Anorexique, maintenant enceinte.

Le titre vous a un peu volé le punch, mais j’étais anorexique durant mes jeunes années du secondaire. Je ne mangeais pas beaucoup, c’est vrai, mais l’anorexie c’est tellement plus que ça. Premièrement, l’anorexie, c’est un terme que l’on utilise, mais qui n’est pas le bon. Le bon terme c’est: le trouble d’anorexie mentale.

Mon quotidien dans ces années-là était de mentir à tout le monde: “J’ai oublié mon lunch”, “J’ai déjà mangé”, “Non, j’suis vraiment pleine, merci” et le pire d’entre tous: “Tu trouves que j’ai maigri? J’avais pas remarqué”. En plus de m’empêcher de manger de trop grande quantité ou trop souvent, je m’acharnais sur mon estime personnelle en me disant des choses que nul autre être humain aurait eu la cruauté de me dire. Quand la petite voix dans ta tête devient ta pire ennemie, y’a un problème…

Chanceuse d’avoir un réseau de soutien formidable, des gens qui ont su voir au travers de mes mensonges et qui ont pris soin de ma santé mentale, je m’en suis sortie avant qu’il ne soit trop tard. Je dis trop tard parce que je ne me suis pas rendue à l’hospitalisation ou même l’arrêt de mes règles. J’ai recommencé à manger des bonbons, des produits laitiers, à manger plus que 1-2 fois par jour.

La photo que vous avez à gauche a été prise lors d’une de mes rechutes en 2011. Je n’avais aucune photo de moi lors de mes pires années. De toute façon, ce texte ne sert pas à vous choquer, mais plutôt à vous raconter.

Ça m’aura pris presque 10 ans avant de réentendre cette petite voix. Le jour du test de grossesse, j’étais aux anges. J’allais enfin être maman! Moins de 1 mois plus tard, à 8 semaines, je me sentais inconfortable dans mes jeans, mes leggings me “pétaient sur le dos”, et j’ai commencé à prendre du ventre. La voix s’infiltrait déjà en me disant que personne ne savait que j’étais enceinte, qu’ils allaient penser que j’étais grosse. Et c’était parti.

Je me suis entêté à porter mon linge trop petit jusqu’à ce que je ne puisse plus les enfiler. Quand j’ai commencé à porter mes vêtements de maternité, je les surnommais “mon linge de grosse”. Je voulais pleurer à l’idée de ne jamais retrouver ma petite taille, ou pire, que les gens commencent à m’en parler.

Et c’est arrivé. Certaines personnes, surtout des hommes, ont commencé à me parler de bien huiler mon ventre pour l’empêcher de fendre, de me prévoir un plan de retour pour ne pas garder “cette shape-là”, de s’exclamer de surprise quand le chiffre sur ma balance était mentionnée… On s’entend, ces choses-là, je les savais déjà et je comptais chaque jour qui me séparait de ma remise en forme… Mais se le faire dire……. (remarquer ici le nombre de points de suspension qui représente mon malaise)

Voici donc un petit conseil si tu croises une femme enceinte: dis-lui qu’elle rayonne, que son visage est rempli de bonheur, que de porter la vie est un miracle. Offre-lui un coup de main, laisse-lui ta place dans le métro, fais toutes ces bonnes actions-là et NE LUI PARLE PAS DE SON POIDS.

Aujourd’hui, je suis presque à 35 semaines.

Aujourd’hui, je pèse 40 livres de plus qu’avant ma grossesse.

Aujourd’hui, j’ai mangé un muffin “full Crisco” parce que j’ai fait taire ma petite voix fatigante par les paroles, plus douces, des femmes de mon entourage et de mon copain.

Aujourd’hui, je comprends que mes fesses et mes cuisses sont plus enflées qu’avant, mais je ne les regarde plus avec dégoût.

Aujourd’hui, j’espère vraiment avoir pu laisser mon anorexie mentale derrière moi.

L’Académie de Sarah-Maude Beauchesne: Mon opinion

Cette semaine, le club de lecture de Dans le Monde de Madame Annie, elle nous proposait un vrai livre de filles! Zéro mon genre, pour être honnête, mais je me suis donné la chance. Le dernier “chick-lit” que j’ai lu doit remonter à avant mon premier “french”.

C’était certain, je m’étais créer des attentes. Une série de livres jeunesse adaptée en série télévisée, fallait que ça soit bon! je me suis donc lancé dans ma lecture et j’ai terminé le roman en moins de 24 h. Voici donc ce que j’en ai pensé, en toute honnêteté.

Ce que j’ai aimé

J’ai beaucoup apprécié le personnage de Wendy. Une lesbienne qui s’attache à des filles hétéros, c’est une histoire que l’on n’a pas lue souvent dans nos années à nous! j’ai trouvé cela rafraichissant. J’ai aussi beaucoup aimé les pages de poésie et les passages qui nous amenaient à réfléchir sur les standards de beauté. Par exemple, quand un des personnages parle de se désabonner de toutes ces filles Instagram qui la font sentir moins belle.

J’ai aprécié qu’Agathe tienne son bout face à son copain impatient de faire l’amour. J’ai aimé le modèle de force féminine que cela pronaît, surtout en ayant en tête que de jeunes filles lisent ce roman. J’ai encore plus été charmée lorsqu’elle ne se laisse pas abattre par ce revers et qu’elle décide d’attendre pour quelqu’un qui la traitera comme il le faut.

l’aspect du roman qui m’a le plus plu, c’est l’amitié entre les trois filles. Le lien qui les unis malgré leur situation familiale différente, leur personnalité qui contraste et leurs ambitions. Elles forment un trio non seulement plausible, mais qui ressemble à la plupart des groupes de filles de mon secondaire. On comprend la jalousie mal placée de Marie, on comprend aussi la tristesse d’Agathe et on aime que Wendy passe ses journées au Mc Do, mais on aime encore plus qu’elles s’ennuient l’une de l’autre et qu’elles ont hate de se retrouver à l’académie ensemble.

Ce qui m’a moins plu

Malgré le fait que le roman est court, ça m’a pris du temps comprendre qui parlait quand et quelles caractéristiques, aventures et situations appartenaient à qui. En gardant en tête que c’est le premier d’une série, on peut comprendre que de mettre la table, dans le format de journal intime – receuil de poésies – lettres non envoyées, peut être plus complexe.

Je n’ai clairement pas le profil d’une lectrice de ce genre littéraire, mais j’ai su apprécier les personnages et leurs personnalités. Par contre, je trouvais qu’il manquait d’actions, d’aventures, de secrets (surement mon penchant pour les romans fantastiques et policier qui parle ici). Le roman se déroule comme un de nos étés à cet âge-là; sans trop de vagues, et rempli de rêves.

Donc…

J’ai donné la chance à ce chick-lit qui n’a malheureusement pas su me convaincre de me relancer dans ce genre littéraire. J’ai quand même apprécié la poésie et le baume sur le coeur qu’un tel roman peut appliquer. Je le recommanderais aux jeunes adolescentes torturées de la génération actuelle parce qu’on y trouve de beaux messages et de belles valeurs.

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